La nutrition pour lutter contre la baisse de fertilité des couples

Pourquoi la nutrition a un rôle à jouer pour contrer la baisse de fertilité des couples ?

Au-delà des changements sociologiques qui amènent généralement les jeunes couples à avoir des enfants plus tard qu’auparavant, une baisse de la fertilité a été mise en évidence chez les couples jeunes en comparaison à il y a 25 ans. Aujourd’hui, près d’un couple sur six consulte un médecin pour ce motif.

Parmi les explications de cette baisse de la fertilité, on retrouve des facteurs nutritionnels.

L’industrialisation a profondément modifié notre façon de produire nos aliments et avec elle nos habitudes alimentaires. En effet, les plats préparés et les aliments transformés font partie du quotidien de presque tous les ménages.

Avec pour conséquence, la raréfaction de certains aliments dans nos assiettes et pour les aliments restants, une diminution du nombre de certains nutriments (vitamines, minéraux, fibres, etc,) qui sont la base du bon fonctionnement de notre corps (synthèse, réparation, communication, défense, etc.).

Inversement, d’autres nutriments se retrouvent en excès dans notre nouvelle alimentation (sucres, sel, acides gras saturés, acides gras trans, etc.) ainsi que des substances chimiques non désirables et potentiellement toxiques (conservateurs, exhausteurs de goûts, pesticides, antibiotiques, etc.) qui ne sont pas sans effets sur notre santé, le fonctionnement de notre corps et sur notre capacité à nous reproduire.

Les hommes ont ainsi vu la qualité de leur sperme se détériorer assez dramatiquement. Si on utilisait encore les normes d’évaluation du spermogramme d’il y a 25 ans, quasiment tous les hommes de nos jours seraient considérés infertiles ou hypofertiles.

Parmi les causes identifiées : des carences nutritionnelles (zinc, sélénium, DHA, etc.) et en lien direct ou indirect avec ces carences : une augmentation du stress oxydant, une intoxication ou un trouble de la détoxification et une déficience mitochondriale.

Sachant que la spermatogenèse (la production de nouveaux spermatozoïdes) prend entre 2 et 3 mois, cela vaut la peine de s’intéresser à son alimentation avant la conception d’un bébé. Rappelons que même en l’absence de difficultés à procréer, instaurer un environnement plus équilibré et sain ne pourra qu’affecter positivement les cellules sexuelles du papa et son état de santé.

Les femmes et l’altération de leur état de santé sont tout aussi souvent que les hommes mises en cause dans les difficultés à avoir un enfant.

Nous retrouvons chez elles, en plus des pathologies classiques, des carences nutritionnelles notamment en zinc, nutriment pourtant indispensable à la réplication cellulaire et donc au développement embryonnaire.

Les déficits de méthylation (en lien avec un déficit en B9 ou B12) et les hypothyroïdies frustres (qui peuvent la plupart du temps être résolues par des apports majorés en zinc, fer, iode, tyrosine ou sélénium) sont régulièrement mis en évidence par les bilans sanguins et peuvent être à l’origine de fausses couches précoces et parfois non détectées (petit retard de règles).

L’ augmentation des syndromes des ovaires micropolykystiques (OMPK), une des pathologie pointée du doigt dans les difficultés à tomber enceinte, est à mettre en lien avec l’hyperinsulinisme que favorise une alimentation hyperglycémique.

Si bien chez l’homme que chez la femme, l’obésité génère une inflammation chronique de bas grade. Cette inflammation aura des conséquences sur le système endocrinien et pourra être un obstacle à une grossesse ou source de complications.

Des apports inadéquats en lipides ou un manque de masse grasse (à l’origine de la synthèse des stéroïdes et donc des hormones sexuelles) sont encore une des causes possibles aux difficultés à procréer.

Chez la femme enceinte, étant donné que le bébé se forme à partir des apports en provenance de sa mère, la qualité de l’alimentation de celle-ci a un impact sur le développement, la croissance et ensuite la santé de son bébé. Manger sainement en veillant à avoir une alimentation équilibrée et variée avant et pendant une grossesse est un très bon investissement et véritable cadeau fait à son enfant.

Il est aujourd’hui communément admis que les femmes enceintes doivent être complémentées en vitamines et en minéraux de façon à pouvoir répondre aux besoins accrus générés par le développement et la croissance de l’embryon.

Cependant, il est regrettable que ces compléments soient prescrits à toutes les femmes de la même manière et en prise unique quotidienne.

A titre d’exemple, le fer se retrouve automatiquement dans quasiment toutes les vitamines de grossesse alors que la plupart des femmes n’en auront besoin que durant le troisième trimestre en réponse aux besoins du foetus. Par ailleurs, certaines femmes ont des réserves suffisantes ou déjà une surcharge en fer. Chez ces dernières, un apport supplémentaire en fer pourrait avoir un effet négatif en favorisant un stress oxydant.

Une complémentation adaptée aux réserves et aux besoins de chaque femme souhaitant tomber enceinte ou déjà enceinte a donc plus de sens.

Pour conclure je souligne que si les facteurs nutritionnels ne sont pas les seuls à mettre en cause dans les troubles d’hypofertilité, ils n’en sont pas moins un aspect important de notre vie sur lequel nous pouvons agir directement et ainsi impacter la santé et vie de nos enfants.

Docteur Marie Decerf
Médecin généraliste spécialisée en nutrithérapie
0465 30 13 40

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